Il faut reconstruire l’homme Haitien
31/08/2010 Laisser un commentaire
« Rôle et importance des sciences humaines dans la reconstruction du pays » tel est le thème d’une conférence débat organisée ce vendredi 27 aout à l’initiative de l’Association des Etudiants haïtiens en communication sociale (AHECS) au local de la Faculté des sciences humaines.
Selon Jacques Jean Vernet, spécialiste en sociologie urbaine, la reconstruction d’Haïti doit passer d’abord par une reconstruction de l’homme haïtien. « En dressant le profil de l’homme haïtien d’aujourd’hui on y voit encore la relance du système de domination des colons. Il faut donc procéder à la reconstruction de l’homme haïtien qui doit cesser d’être ce type d’individu qui veut tout s’accaparer au détriment de tous les autres », avance-t-il.
M. Vernet plaide aussi en faveur d’une reconstruction qui soit l’œuvre du citoyen haïtien investi des idéaux nationaux avant d’être l’apanage des professionnels de quelque soit le domaine. « Le fait d’être spécialiste en sciences sociales, médecin, chanteur, architecte etc. cela ne veut pas dire qu’on est pour autant nationaliste ».
Le sociologue urbain a également prôné une autonomie des spécialistes en sociales dans leur contribution dans le processus de reconstruction. « Il faut que le spécialiste en sciences humaines et sociales cesse de réciter des formules toute faites imposées par les étrangers, il doit être à même de développer sa propre lecture de la chose sociale haïtienne».
Pour sa part, le Professeur Louis Gabriel Blot, Docteur en sociologie de la religion et spécialiste en Communication sociale, a expliqué que l’image de mauvaise gouvernance qu’on projette sur Haïti est ce qui explique la présence de tant d’ONG qui opèrent sans aucun contrôle dans le pays. Le professeur Blot suggère un secrétariat permanent des ONG dont la fonction est fournir les informations sur les réalisations des ONG et ses utilités.
D’un autre côté, le Professeur invite les communicateurs sociaux et les travailleurs de la presse à s’engager plus socialement dans le processus de reconstruction du pays. « Jusqu’à présent nous sommes en face à un plan de reconstruction qui se fait dans la plus grande opacité. Les informations ne circulent pas, elles restent le patrimoine d’un petit groupe. Personne ne sait ce qui se fait ».
De ce fait, le Spécialiste en Communication sociale invite les medias à exiger une campagne d’informations. Un vrai plan de reconstruction n’est pas possible sans tenir compte de l’avis et des besoins de publics bénéficiaires, a expliqué le spécialiste en communication. La communication en ce temps de crise doit être une communication qui passe par les études des besoins et de connaissances de la réalité, a-t-il poursuivi.
M. Blot a ajouté que les medias ont manqué à leur mission d’éducation, d’information et de formation. Ils s’attèlent de préférence à une politique de manipulation de persuasion clandestine. Il plaide également pour une communication honnête, éthique, qui doit se révéler comme moteur de réflexion dialectique qui contribue à la mobilisation des citoyens.
Le coordonnateur de L’AHECS, M. Michelet Desrosiers a précisé avoir organisé cette conférence en vue de porter une alternative à nombreux secteurs qui conçoivent la reconstruction uniquement sur le plan physique, sans tenir compte de l’aspect humain.
L’Association des Etudiants en communication (AHECS) est invitée à prendre part à un congrès qui se tiendra à New Jersey autour du thème : « incidence des moyens de communication en temps de crise » les 9, 10 et 11 septembre 2010. Dans ce congrès, le coordonnateur de l’association aura à intervenir sur le rôle moyen de communication utilisée pendant et après le séisme et les difficultés rencontrées.
Wilner Jean-Louis